intervention sur la réorganisation de la Direction de l’agriculture, de la Forêt et de l’eau (DAFE) comité technique du 10 juin 2022

Il ne se passe pas un Comité technique sans qu’arrive une réorganisation.

Concernant la DAFE, nous ne comptons même plus le nombre de réorganisations faisant perde tout sens de la stabilité, nécessaire à une continuité de l’administration, à un travail apaisé et à une harmonie dans les équipes. Réorganiser encore et toujours est une forme de management. Une forme condamnable car une forme qui déstabilisent les agents, les processus et les politiques publiques. Vous allez nous dire que cette réorganisation est liée à un transfert et que nous nous devons donc de l’aspirer. C’est un fait. La critique que la CGT porte sur l’instabilité de nos administrations n’est en effet pas dirigée uniquement contre notre collectivité mais dénote d’un état de fait dans notre pays. D’ailleurs, nous constatons l’affaiblissement de nos administrations, de nos savoir-faire, de nos services publics. C’est programmé, c’est une volonté politique.

Pour en revenir concrètement à cette réorganisation, nous alertons aussi sur la manière de procéder : on savait depuis longtemps que ce transfert allait arriver et là tout s’effectue à marche forcée. Cette fois encore, la responsabilité de l’Etat n’y est pas pour rien. Mais la collectivité ne peut pas juste se dédouaner car les conséquences sont directes pour les agents de notre collectivité : beaucoup d’agents vont mal, pour preuve dans les situations les plus extrêmes arrêts, dépression, pleurs, insécurité, angoisse.

Nous vous rappelons, que cette réorganisation arrive après la réorganisation qui vient d’avoir lieu dans les SAF et pour laquelle nous vous avions déjà dit qu’elle était incomprise des agents. Là, l’incompréhension est à son comble. Les SAF de cette DGA ont été réorganisés à cause du SAF de la DAFE et là tout change à nouveau dans la DAFE mais les autres SAF subissent les conséquences d’une réorganisation qui elle, n’a plus de sens dans la DAFE. Oui je sais c’est un peu confus mais vous avouerez que c’est à y perdre son latin !

Ensuite, viennent également les problèmes concrets de la spécificité des missions et de la technicité demandée : l’anticipation n’étant pas le fort de la collectivité c’est le moins qu’on puisse dire, on se demande comment vont être recrutés les personnels nécessaires puisque 1 agent sur 2 qui pouvait être transféré ne vient pas. Cela pose deux questions majeures : le manque d’attractivité de notre collectivité et le manque cruel de formation sur les prises de postes. Le manque d’attractivité de la fonction publique a été sciemment organisé : rémunération basse, déroulé de carrière en berne, mépris de nos métiers et des fonctionnaires. Les reculs sociaux au sein de notre collectivité ont ajouté également un non-intérêt pour des travailleurs formés en technicité pointue à venir travailler ici. Et ce n’est sûrement pas en vous servant du dispositif le plus précaire de la fonction publique créé de toute pièce par la présidence Macron précédente « les contrats de projet » que cela va améliorer les choses. Il faut donc avoir un profil politique régionale, être en capacité d’avoir la technicité Feader, accepter un emploi précaire, ne pas bénéficier de formation et être prêt immédiatement. Si vous en trouvez un (ou une) il faut en plus les démultiplier… Autant dire qu’il faut d’ores et déjà se préparer à l’idée et préparer les équipes qu’il va falloir apprendre à fonctionner sans attendre les personnels providentiels, tout simplement parce qu’elles n’existent pas. Nous nous posons donc la question de savoir comment tout cela va-t-il fonctionner ? Comment les agents en place vont-ils absorber la charge de travail ? Comment le service public va-t-il être rendu ?

Nous avons également une question d’ordre pratique concernant la gestion de proximité et donc en maison de la Région : où allez-vous donc mettre les agents ? A vous écouter sur tous les sujets on pourrait croire que vous avez trouvé une baguette magique qui permet d’agrandir à loisir les maisons de la région et d’y faire rentrer et les agents et les dossiers, or nous savons que ce n’est pas la réalité. Nous nous demandons aussi, si du coup, le recrutement s’effectuera sur place, c’est-à-dire en département ou s’il figurera bien sur la fiche de poste la localisation du poste, afin qu’aucun agent ne puisse être pris au dépourvu.

Enfin pour conclure, nous constatons également que vous entretenez un flou tout au long de la présentation entre nombre de postes ou ETP, or vous n’êtes pas sans savoir que ce n’est pas la même chose et que cela ne permet pas une vision réelle de l’emploi.

La CGT s’abstiendra sur ce rapport

 

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